[Tribune] Retrouvez la tribune d’Aurane Reihanian publiée au Figaro : Mai 68, le suicide de la jeunesse de France

Retrouvez la tribune d’Aurane Reihanian, Président du LAB LR, publiée au Figaro 

FIGAROVOX/TRIBUNE- Les émeutes de mai 68, c’était il y a 49 ans. Aurane Reihanian revient sur les conséquences désastreuses, dans la société française d’aujourd’hui, de l’idéologie progressiste portée par ces événements.


Aurane Reihanian est doctorant en Droit et président du think tank «Le LaB LR».


Karl Marx nous avait prévenus. Les événements historiques se répètent deux fois: la première en comédie, la seconde en tragédie. À l’approche de l’anniversaire funeste de Mai 68, force est de constater que la comédie des bataillons de lanceurs de pavés a laissé place à une lente décomposition de notre société. Son idéologie tentaculaire imprégnée d’une modernité exacerbée a condamné les générations futures à reconstruire sur une terre brûlée. L’offensive idéologique de cette nouvelle gauche a porté ses fruits mortifères. Elle a mis les piliers de notre République les deux genoux à terre. Ces apôtres de la déconstruction ont remis en cause les symboles de l’autorité, laissant à la jeunesse de France un monde sans ordre ni référence.

L’école est la première victime de cette idéologie: sa mission a été dévoyée pour devenir un instrument d’effacement de la fierté française. La perte de sens de cette institution a détruit la cohésion nationale. Le maître, que Charles Péguy décrivait comme «le représentant de tous les hommes qui ont fait et qui maintiennent l’humanité» n’est plus guère admiré par ses élèves et peine à leur transmettre notre héritage singulier. Imprégnés du dogme de la repentance et du rabâchement des maux de notre histoire, nos programmes scolaires ne laissent désormais qu’une place infime à ses gloires et à son héritage prérévolutionnaire. Cette idéologie a considéré notre histoire coloniale, notre langue sexiste, et la culture classique comme un bagage stérilisant. La réalité est que ces entreprises systématiques de révision de notre histoire et ces divers assauts ont condamné l’école de la République à devenir le réceptacle d’un gauchisme culturel.

La justice n’a pas échappé à cette entreprise de déconstruction. Elle est traversée par une faillite morale sans précédent, signe d’une lente décomposition de l’autorité de l’État et de la déchéance de l’État régalien. Les slogans libertaires comme «Il est interdit d’interdire» résonnent encore sous les lambris dorés des Cours d’assises. Le syndicat de la magistrature joue les ventriloques des aspirations terranovistes en défendant bec et ongles une politique dogmatique anti-carcérale. Ce poids idéologique du militantisme politique des juges dans l’exercice de leur fonction les érige en censeurs des conduites collectives et individuelles en se fondant sur des considérations d’opportunité non juridiquement définies. Un pouvoir judiciaire irresponsable s’est ainsi substitué à la conception gaullienne de la justice comme simple autorité, prémices d’un délitement profond de notre État de droit.

Ces cohortes de bas instincts et d’esprits juvéniles, tous poussés par la même aspiration moderniste à tous crins ont également conduit à la mort de notre Nation, arme d’hégémonie culturelle. Ils ont considéré que nos églises, nos paysages et nos frontières pouvaient se dissoudre dans les eaux tièdes de l’universalisme. Aussi, ils ont considéré que la Nation devait se convertir en droit à la différence ou périr comme ses territoires qu’ils ont laissés moisir. Cette déstabilisation des repères communs a fait oublier que l’État ne se contente pas de défendre des principes de fraternité, de liberté ou d’égalité mais aussi un mode d’être, une forme de vie, un type de sociabilité qui prend corps dans une langue, une histoire, des mœurs: une identité. Ils ont hérité d’un pays dont on pouvait être fier, ils nous ont légué le tableau acide d’une nation en perdition. L’ambition d’une communauté de destin s’est effacée devant la haine des drapeaux français, de la patrie et d’une espérance collective.

Ce basculement désastreux a provoqué un chaos social et culturel sans précédent conjugué à des soubassements sociaux et identitaires. Un chaos couvert par le son d’une fanfare républicaine jouant toujours plus fort la mélodie d’une France toujours plus fausse.

 

Aurane Reihanian, Président du LAB LR 

Aurane.Reihanian@lelablr.fr

@AuraneReihanian

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